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Tupiganishe ukimwi !
Combattons le sida !

Kalemie, 1 novembre 2010

Un programme de sensibilisation des jeunes, spécifiquement des élèves sur VIH / sida.

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L’épidémie du VIH/SIDA pose un problème de santé publique extrêmement grave. Il détruit la vie, constitue une menace pour le redressement économique et le développement du pays ; il atteint toutes les couches de la société, de nombreuses familles sont détruites.

Les principales causes demeurent l’ignorance des risques encourus lors de rapports sexuels précoces sans protection et avec des partenaires multiples.

Les habitants de Kalemie n’y échappent pas. Les jeunes sont les premiers concernés car sans doute les moins informés, en période d’apprentissage à la vie et porteur d’avenir…

OMS -  janvier 2011 - VIH/sida : 68% des personnes infectées par le VIH vivent en Afrique subsaharienne.

La maladie du sida est là et bien là. Jusqu'à présent, le remède le plus efficace est la prévention qui passe par l'abstinence, la fidélité, le port des préservatifs.

Mais aussi par le dépistage qui permet à chacun, jeune ou vieux, de s'assurer de son état sérologique grâce aux campagnes volontaires à propos. C'est, en effet, au cours de celles-ci que tout individu peut prendre connaissance de son état sérologique. Or, le constat que l'on fait aujourd'hui est que bon nombre de personnes hésitent à se présenter aux médecins et aussi que la fiabilité des résultats dépend du nombre de dépistages auquel chacun d'eux se soumettent.

Un adage populaire nous enseigne que «tout homme bien portant est un malade qui s'ignore». Comme la maladie du sida présente sensiblement les mêmes symptômes cliniques que bien d'autres, les tests sont essentiels pour confirmer ou infirmer l'état sérologique. Or, l'observation attentive de la vie sexuelle, dans les villes comme dans les campagnes, montre bien que les couples se forment et se cassent à longueur des journées et que cette instabilité sexuelle annihile les mesures préventives pour lutter contre le sida.

Au Congo, du fait des déficiences de l’Etat, ce sont les médias, les ONG et autres associations qui sensibilisent la population avec l’appui du PNMLS - Programme National Multisectoriel de Lutte contre le Sida qui répartit les fonds qu’il reçoit des contributeurs internationaux, type ONUSIDA, OMS etc.

Seul le CAVK - Centre Audio Visuel de Kalemie, pouvait réaliser un documentaire vidéo sur ce thème. C’est pourquoi, le CAVK déjà riche en expérience de programmes de sensibilisation par l’image, a été retenu par le PNMLS pour réaliser le documentaire en swahili de 35 minutes et animer les sensibilisations.

La cible et la zone d’intervention étaient les jeunes de 13 à 26 ans dans le milieu scolaire.

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Le CAVK a engagé 5 jeunes « Pairs éducateurs » formés en technique de sensibilisation audio visuelle pour les impliquer dans la lutte contre le VIH : Aphonse Amisi, Perceline Matenga, Patient Kalunga, Bushiri Aridi et Elisée Bwilane.

L’idée est que les jeunes parlent plus facilement entre eux surtout s’il s’agit de sexualité, et sur les modes de transmission et de prévention des IST et VIH/SIDA. (IST : infections sexuellement transmissibles)

Les 5 pairs éducateurs ont été formés par Mme Alima Amisa de l’ONG « Tumaini stop SIDA », dans la salle paroissiale Christ-Roi, du 21 au 23 octobre 2010 de 8h00 à 17h00. Voir le contenu de leur formation ci-dessous.

Les jeunes ont acquis la connaissance et la manière d’identifier les problèmes, les obstacles et les solutions aux discussions relatives à la sexualité, aux IST et au VIH/SIDA. Ils sont aujourd’hui capables de citer les éléments essentiels relatifs à la prévention du VIH/SIDA.

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C’est finalement plus ou moins 3.470 élèves âgés de 10 à 18 ans composé d’1/3 seulement de fille qui ont assistés aux représentations. A la suite des animations, 547 jeunes ont décidé de faire un test de dépistage.

La sensibilisation par l’image est un moyen efficace pour informer et former la population dans un milieu dépourvu de télévision : « Une image vaut mille mots » est notre slogan !

Les animations ont commencé le 1er novembre 2010. Comme d’habitude, le  lancement officiel de la campagne s’est faite en présence du délégué de l’Administrateur du Territoire et des Directeurs et Préfets d’école, de l’envoyé du Sous Proved, Mr Alphonse Nyembo, des représentants de la société civile, de l’association des personnes vivant avec les VIH/SIDA (UCOP +), du PNMLS, d’autres  associations, des ONG locales et internationales œuvrant dans le domaine du VIH / SIDA.

Sous proved = Chef de la sous-division de l'enseignement primaire, secondaire et professionnel

Dans son discours, Sr Thérèse Beya, responsable du CAVK a exhorté les participants à ne donner aucune chance à l’amplification du VIH/SIDA, par l’éducation des jeunes au respect de leur personne et des autres et, les a encouragés à faire le test de dépistage.

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Le représentant du sous Proved a remercié le CAVK d’avoir effectué ce travail et le PNMLS pour son appui. Il a assuré que la sensibilisation se passerait sans contrainte dans les écoles tout en demandant à tous les chefs d’établissements scolaires de s’impliquer à cette lutte en facilitant la sensibilisation par la bonne discipline des élèves.

Le sida se propage sous plusieurs formes chez les élèves, principalement suite à des rapports sexuels non protégés…

Le phénomène se passe à l’école secondaire où les jeunes découvrent leur sexualité et sont confrontés à des adultes enseignants ou non, hors la loi de la protection de la jeunesse.

Les élèves entre eux, ont leur premier rapport et découvrent pour certains les conséquences dramatiques de leur ignorance ou irresponsabilité : le Sida et autres infections sexuellement transmissibles, les IST, les grossesses non désirées sont les conséquences de ces relations sexuelles précoces, non contrôlées et sans limite. Il est courant d’apprendre que telle jeune fille est décédée dans une opération d’avortement clandestine et pour celles qui « s’en sortent » il est facile d’imaginer les souffrances psychologiques et physiques qu’elles auront à dépasser.

Tous les élèves doivent trouver les moyens de payer la prime à l’enseignant. Cette prime constitue le salaire du professeur, clé d’accès à l’enseignement parce que l’Etat ne prend plus en charge le fonctionnement général de l’éducation depuis l’époque Mobutu. Et pas grand-chose a changé depuis l’avènement de la démocratie en 2006…

Dans ces conditions de survie, il est facile pour un enseignant peu scrupuleux de faire du chantage aux points ! « Tu te laisses faire, tu auras les points… »

« Le phénomène des points sexuellement transmis » est l’expression utilisée pour décrire la situation. Avec le constat que le jeune peut se retrouver avec plusieurs partenaires : l’expression est « un pour plusieurs »

En dehors de l’école, les jeunes se transforment « en vedette ». Cette fois, ils cherchent d’autres partenaires, des hommes d’affaires, des travailleurs pour ramener un peu d’argent pour la famille. Le rapport sexuel se fait sans aucune protection.

La contamination suite à des viols est peu abordée ici, pourtant c'est aussi un des facteurs de risque non négligeable quand on sait le nombre important de cas, qu'il est difficile d'en parler et que le viol est encore souvent trop impuni...

Au cours de la réalisation et du programme de projection, l’équipe a pu se rendre compte de l’impact d’une telle activité, en voici quelques exemples :

  • Les élèves avaient l’envie de se dépister directement, là-même, pour connaître leur état sérologique !
  • Ils souhaitaient que la projection soit prolongée ou que nous puissions repasser un autre jour.
  • Ils voulaient qu’on leur donne directement une leçon de morale qui peut les aider à dépasser le désir sexuel qui les domine !!!
  • Des  recommandations ont été formulées par les élèves au CAVK, au PNMLS, aux autorités comme :
    • De produire et réaliser un autre documentaire sur le comportement sexuel…
    • De prendre des mesures contraignantes pour les maisons de tolérance, des adultes qui courent derrière les mineurs, pour lutter contre les échanges de sexe contre des points scolaires ou dans le travail, pour interdire l’accès des jeunes dans les cinés qui diffusent des films pornographiques, exiger des maisons de salon de coiffure de respecter les règles d’hygiène pour leur tondeuse, par exemple.
    • De faciliter le dépistage car actuellement les gens ont honte d’aller directement à l’hôpital et parfois c’est trop loin pour y arriver.

Le principal constat est qu’il faut encourager, multiplier les campagnes de dépistage volontaire. Le côté positif de ces campagnes est, en effet, qu'une fois la séropositivité confirmée, le malade ou «porteur sain» est pris en charge par des services médicaux habilités à lui administrer le traitement antirétroviral qui est normalement gratuit.

Autre chose à signaler, les campagnes sont rarement ciblées pour ce genre de test. Ceux-ci se déroulent le plus souvent dans les centres urbains. Et donc, jusqu'à ce jour, nombre de personnes continuent de nier la maladie du sida par simple méconnaissance de ses dangers. D'où la nécessité de sensibiliser à grande échelle la population rurale à l'existence de cette maladie et de multiplier les campagnes de dépistage volontaire.

Les échanges sur le danger du VIH/SIDA ont permis d’interpeller chacun à prendre ses responsabilités dans la lutte contre cette pandémie qu’est le VIH/SIDA.

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Le film comprend une série de séquences :

  • Un commentaire  sur la situation générale du VIH/SIDA à Kalemie
  • Sketch relevant un homme atteint du VIH qui contamine expressément les autres.
  • Message du ministre provinciale de la santé, Mr Njoloko
  • Le dépistage volontaire public dans le centre de santé du camp militaire et dans les quartiers
  • Clip musical sur le sida
  • Message des jeunes en invitant les autres jeunes au dépistage volontaire

La « morale de l’histoire » est que le sida existe et que pour l’éviter l’abstinence reste encore un des seuls moyens de protection à défaut d’en disposer d’autres et que pour sa survie, le dépistage volontaire est utile…

Pour ceux et celles qui grâce à ce dépistage, ont découvert leur état de séropositivité, sur le plan psychologique, il faudrait que les spécialistes imaginent des stratégies qui pousseront les malades potentiels et les porteurs du virus à accepter leur état sérologique sans gêne aucune. En d'autres termes, faire en sorte que le «sidéen» soit vu par son entourage professionnel, familial ou autre comme un homme, une femme, bien sûr malade, mais non comme un «danger à écarter» de la société et d’en faire un objet de stigmatisation, qui les amènent à être doublement victime de cet état.

Ce qui importe, c'est de déterminer quels types de rapport chacun devrait avoir avec son voisin qui est détecté «porteur sain» et qui accepte d'être traité.

Si plusieurs stratégies sont imaginées à la fois pour amener les jeunes et adultes à accepter le dépistage volontaire, à accepter leur état sérologique quel qu'il soit et à positiver la manière dont l'entourage vit avec le malade, la bataille contre le sida progressera à coup sûr de façon spectaculaire et tout le monde y gagnera.

Il est imaginé que le document ou les débats ont suffisamment informé les jeunes sur les différents moyens de protection tel l’abstinence, l’usage des préservatifs, le dépistage les consultations gynécologiques, les conséquences dramatiques de l’avortement clandestin, etc. même si certaines religions ou cultures sont encore à interdire ces pratiques pour d’obscures raisons et se positionne en contradiction totale avec le principe de tolérance et d’accueil des plus faibles.

Pairs éducateurs, un métier !

Les pairs éducateurs VIH/SIDA doivent connaître certains éléments clés pour faire correctement le travail de sensibilisation :

  • Avoir une connaissance de base de l’approche « pair éducateur ». Le formateur met l’accent sur les activités d’un pair éducateur, sur l’avantage de cette approche, des éléments fondamentaux pour le succès de l’éducation des pairs, et des critères du recrutement des pairs éducateurs.
  • Avoir une connaissance de base sur la sexualité et sur les effets de la toxicomanie.
    • L’anatomie et physiologie des organes génitaux masculins et féminins
    • La santé de reproduction
  • Acquérir une  connaissance de base sur les infections sexuellement transmissibles - IST

Notions de base sur les IST

  • Avoir une  connaissance de base sur le VIH et le rapport existant entre les IST et le VIH/SIDA.
  • Sida, problème de santé et de développement
  • Croyances, mythes, attitudes et valeurs relatives au VIH/SIDA
  • Connaissance de base sur le VIH/Sida

Compétences psychosociales

  • La confiance en soi
  • La gestion de la pression des pairs éducateurs
  • Clarification des valeurs

Utilisation des services

  • Services à promouvoir
  • Intégrer les PVV (personne  vivant avec le VIH/SIDA) et PA (Personne affecter par le VIH/SIDA) dans la communauté

Communication dans la lutte contre le VIH/SIDA

  • Stratégies de communication
  • Canaux de communication
  • Communiquer efficacement

Animation des groupes

  • Animer  les groupes       
  • Guider une interview de groupe
  • Conduire une communication face à face (interview individuelle)
  • Causerie  du groupe conduire un jeu de rôle
  • Utiliser les supports visuels
  • Conduire une étude des cas
  • Pratiquer la démonstration

Coordination des activités

  • Planification, suivi et supervision des activités du pair éducateur. Ce sujet a conduit les pairs éducateurs à élaborer deux fiches :
    • Fiche de planning   
    • Fiche de rapport mensuel
    • Suivi des activités
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